Présentation..!

Présentation..!
Hallo tout le monde!
Je m'appelle Sarah, j'ai 16ans, j'ai un blog sur le groupe* mais j'ai décidée de vous faire partager ma
fan-fiction sur les frères Kaulitz que j'adore beaucoup! dans un blog à part ^.^'
J'essayerais de tenir cette fan-fiction à jour le +souvent possible, et j'espère qu'elle vous plaira tout comme à moi =)!! Ps= le titre "Ze-NightOfHunter" veut dire "la nuit du chasseur" hihi ;)!

Mais avant de me lancer dans mon roman, je voulais vous faire un petit résumé ma fan-fiction..
(comme ça vous décidez si ça vous plait ou pas.. et pas besoin d'entamer la lecture xD lol)

-->Ma fan-fiction conte le courage sublime des enfants, perdus contre les forces du mal.
C'est une fiction quasi fantastique, dont la lecture tout à tour vous glacera le sang et vous réchauffera le coeur.
Le ton un peu poétique de mon récit, y équilibre la violence de l'action conduite par le Chasseur.
Celui-ci est un faux prédicateur ambulant, aussi prompt à jouer du couteau qu'à citer les Ecritures pour mieux déguiser ses funestes desseins. Le Chasseur traque deux petits enfants (Bill et Tom =D) dépositaires d'un sinistre héritage qu'ils ont jurés à leur père de ne jamais révéler. La vallée envoûtant, et envoûtée, de l'Ohio sert de cadre à cette lutte inégal et sans merci qui nous ouvre le monde secret de l'enfance, un monde fermé aux adultes et pourtant peuplé des frayeurs qu'ils suscitent, où veille toujours dans l'ombre un chasseur à l'affût..

Voilà vous savez (presque) tout! lol
jvous souhaite à tous une bonne lecture ;)

[.. PS: Cette fan-fiction est beaucoup inspirée d'un roman de David GRUBB que j'adore ..]

# Posté le mardi 29 août 2006 21:08

Modifié le lundi 13 novembre 2006 19:02

Le Pendu..! partie1 (sur7)

Le Pendu..! partie1 (sur7)
[.. Le Pendu ..] partie1..

C'était un dessin à la craie, tracé avec application par une main d'enfant -un gribouillage de lignes blanches- sur le mur de briques rouges des écuries de louage du père Jander: deux traits rudimentaires pour la potence, un autre pour la corde, et la ridicule silhouette d'épouventail du pendu. Les passants ne le remarquaient pas tous; mais ceux qui le voyaient hochaient la tête d'un air pensif et jetaient un coup d'oeil à la petite maison sur la route du fleuve, où habitaient les malheureux enfants sans père. L'affreuse caricature avait été faite à leur intention; les deux gosses l'avaient vue, et ils avaient entendu dans les rues du village le refrain cruel et moqueur qui l'accompagnait.
Derrière les murs de la maison du fleuve, les enfants prenaient leur petit déjeuner dans la cuisine triste et silencieuse. Soudain, Bill s'arrêta de manger et regarda son frère en fronçant les sourcils.
<< -Mange, Tom.>>
Tom grogna et le toisa d'un air furibond. Leur mère regardait dehors. Autour de la fenêtre, sous la lumière jaunâtre de mars, le chèvrefeuille desséché semblait miraculeusement refleuri. Au loin, les pâles rayons du soleil hivernal jouaient dans le brouillard qui s'élevait du fleuve.
<< -Tom, finis ta bouillie!
-Tais-toi, Bill!
s'écria Willa, leur mère. Laisse ton frère tranquille. Avale ton déjeuner et tais-toi.
-Tu n'as que neuf ans, Bill,
dit Tom. Moi, je suis grand. T'as pas le droit de me commander!>>
Le nez baissé sur son assiette, Bill songea soudain au pendu dessiné sur le mur des écuries, près du petit débarcadère du village de Cresap. Et il chanta la chanson du pendu:
"Pendi, pendu, pendant! Vois ce qu'a fait celui qui pend.."
Willa se retourna brusquement et le gifla si fort que ses doigts laissèrent quatre marques rouges sur la peau tendre.
<< -Ne chante plus jamais ça! Jamais! Jamais! >>
Bill était sur le point de pleurer, mais il eut obscurément conscience de toucher enfin au fond du problème et il retint ses larmes.
<< -Pourquoi je peux pas la chanter cette chanson? dit-il. Tous les gosses du village la chantent! Et Tom a dit..
- Ne t'occupe pas de ce que dit Tom. Comme si la croix n'était pas assez lourde à porter sans que mes enfants en fassent encore un sujet de plaisanterie! Allons, tais-toi!
- Où est p'pa? Pourquoi tu veux pas me le dire?
- Vas-tu te taire?>>
Willa frappa de nouveau le bras potelé, comme pour essayer d'effacer sa propre angoisse et son désespoir. A présent, Bill pleurait vraiment, avec de petits hoquets furtifs. Serrant contre lui son Power-Rangers, il quitta la table, le souffle coupé par l'humiliation, et se refugia dans le froid glacial du vestibule. Tom continuait de manger avec indifférence affectée, mais il sentait que justice avait été faite. Willa le regarda d'un air suppliant.
<< Et je veux pas que tu lui dises, Tom, dit-elle d'une voix rauque. Je veux pas qu'il le sache, jamais!>>
Tom ne répondit pas. Il mangeait avec plaisir avide de l'enfance, avalant avec de petits clappements de langue sa boullie de maïs arrosée de sirop d'érable. Et, tout au fond de lui, au-delà de cette vérité secrète qui planait sur son univers, comme l'ogre menaçant des contes de fées, au-delà de cette révélation qui avait éclipsé tous ses autres sentiments depuis tant de semaines, il ne put s'empêcher de songer avec une joie maligne au refrain de la chason de Bill, qui bondissait dans sa tête comme un clown de foire:
"Pendi, pendu, pendant! Vois ce qu'a fait celui qui pent! Pendi, pendu, pendant! Vois le voleur se balançant!"
<< -Je vais voir ton père à Moundsville, dit Willa. Le déjeuner est dans le garde-manger. Il est possible que je rentre tard, mais je serai là pour le dîner. Tom, je veux que tu t'occupes de Bill aujourd'hui. Et fais attention à ce que je t'ai dit. Pas un mot, sur ce que tu sais!
- Non, m'man.>>

"Pendi, pendons, pendez, se répétait-il sans l'écouter. Pendi, pendu, pendant! Vois le voleur se balançant! Pendu, pendi, pendons! C'est la fin de ma chanson!"
Devant le miroir terni de la vieille commode, Willa arrangea ses boucles brunes sous son large chapeau de paille.
<< -On pourra faire marcher le piano mécanique, m'man?
- Oui, mais faites attention à ne pas abîmer les rouleaux. C'étaient les airs préférés de papa.>>
Elle tressaillit et, retenant un sanglot, elle se poudra d'un geste machinal, regardant dans la glace ses yeux hagards et désespérés. Il lui semblait presque que Ben allait l'entendre de nouveau, ce vieux piano grinçant et poussif, qu'il était à la pêche et qu'on l'attendait d'un instant à l'autre pour l'écouter encore et rire et retrouver la bonne vie d'autrefois.
<< -Et ne laisse pas Bill jouer avec les allumettes! cria-t-elle en sortant dans le froid aigre de l'hiver. >>
La lourde porte grise se referma et Tom tendit l'oreille, attendant le gémissement du moteur de la vieille Frod. Bill apparut à la porte de l'entrée, étreignant son Power-Rangers. -Ils se ressemblaient étrangement- le vieux Power-Rangers au visage écaillé et défraîchi et le ptit garçon aux joues rondes où les larmes avaient laissé des traces brillantes.
<< -Viens, Bill! s'écria Tom avec entrain. On va faire marcher le piano mécanique.>>
Il clopinait gravement derrière lui dans le salon obscur, parmi les ombres spectrales des meubles aux housses de percale assemblés en cercle comme de vieilles paysannes engoncées dans leurs robes d'été. Tom entrouvrit les volets. Un faible rayon de lumière hivernale glissa sur la pile de boîtes qui renfermaient la musique. Bill s'agenouilla et tendit une main potelée pour prendre un rouleau.
<< -Non, dit Tom doucement, laisse-moi faire. M'man a dit qu'il fallait pas les abîmer.. et d'ailleurs tu peux pas lire ce qui est écrit dessus.>>
Bill soupira et attendit.
<< -Tiens, en voilà un, annonça-t-il bientôt. C'est le plus joli de tous!>>
Il ajusta le rouleau, engagea le papier dans la fente du cylindre inférieur et, la mine solennelle, il commença à actionner la pédale de la pointe des pieds. L'antique appareil oqueta. On eût dit qu'il retenait sa respiration. Puis il y eut un sifflement, un long soupir, et il se mit en marche.
"C'est 'La Caroline Au Matin', songea-t-il tristement, l'air que p'pa préférait."
Il pouvait se rappeler toutes les fois où il l'avait écouté avec Ben, quand ils étaient tous ensemble; il connaissait exactement l'endroit où le rouleau, déchiré, lançait une série de notes affolées avant de retrouver le fil de la rengaine joyeuse et un peu ridicule. Bill fredonnait la chanson en fermant les yeux.
<< -Encore! réclame-t-il, quand la machine s'arrêta.
- Non,
répondit Tom d'un air maussade, songeant avec mélancolie aux jours révolus. J'en ai assez, Bill.>>
Il quitta le salon et se dirigea à pas lents vers la cuisine. Bill marcha sur ses talons comme un agneau égaré, serrant étroitement son vieux Power-Rangers -l'ami de tous les instants, celui qui serait peut-être un jour son ultime soutien- Comme Tom, il se dressa sur la pointe des pieds devant la fenêtre de la cuisine, le nez écrasé contre la vitre glacée. Le pendu! On le voyait déjà, tout blanc sur le rouge des briques, à travers le brouillard qui flottait sur la route gelée. Il était toujours là, le petit bonhomme blanc
-il ne s'était pas enfui pendant le nuit- "Pendi, pendu, pendant!"
fredonna Bill à mi-voix. Il savait que Tom ne le giflerait pas. Il fronça les sourcils et dessina une silhouette de pendu sur la vitre embuée.
<< -Attention que m'man te prenne pas à chanter ça.
- Pourquoi elle veut pas me dire, Tom?>>

Il se mordilla la lèvre sans répondre. Il brûlait d'envie de tout lui expliquer. Depuis le jour où les hommes bleus avaient emmené Ben, il supprotait seul le poids du secret et c'était au-dessus de ses forces. Mais il ne pouvait le partager.. et ce secret était comme un monde à l'intérieur de l'autre.

[.. à suivre ..]

# Posté le mardi 29 août 2006 22:41

Modifié le vendredi 01 septembre 2006 06:50

Le Pendu..! partie2 (sur7)

Le Pendu..! partie2 (sur7)
[.. Le Pendu ..] partie2..

Ben s'allonge sur sa paillasse et sourit. Le Prêcheur s'est enfin tu: il est assis à l'autre bout de la cellule, ses yeux vrillés sur le visage de Ben. Il essaie de deviner. Pourtant, Ben lui a répété tout ce qu'il a dit aux autres pendant le procès. Tout -sauf la seule chose qu'ils voulaient vraiment savoir- Cela, Ben ne le dira à personne. Mais c'est devenu une sorte de jeu et il s'amuse à faire enrager le Prêcheur -qui n'est pas plus Prêcheur que vous et moi- Et Ben raconte son histoire une fois de plus, et l'autre l'écoute, voûté sur son tabouret, étudiant chaque mot, guettant l'erreur qui ne se produit jamais.
<< -Tout simplement parce que j'en avais marre d'être pauvre, Prêcheur. Faut pas chercher plus loin! Marre de trimer pour trois fois rien à la quinquaillerie de Moundsville! Et le vendredi, le jour de ma paie, quand j'allais à la banque du père Smiley, il ouvrait son petit tiroir plein de billets de dix, de cinquante et de cent et chaque fois que je voyais ça, j'avais la tête qui tournait et je rêvais à tout ce que j'aurais pus acheter avec pour Willa et les mômes. C'était pas tant pour moi que j'en faisait envie!
- Mais tu as tué deux hommes, Ben!
- C'est vrai. Un jour, j'ai graissé le petit Smith et Wesson que le patron cachait dans son bureau à la quiquallerie, et je suis allé à la banque et je l'ai pointé sur Smiley et sur le caissier, le vieux Corey South, et je leur ai dit de ma passer la pile de billet. Seigneur, t'as jamais vu un tel paquet!
- Il y en avait pour dix mille dollars, Ben!
- Le père Smiley a dit que j'étais cinglé et Corey South a ouvert son tiroir pour prendre son revolver. Alors j'ai tiré! Ils sont tombés tous les deux et Corey est mort sur le coup. Mais quand j'ai passé ma main sous le grillage pour prendre le paquet de billets, Smiley s'est soulevé sur le coude avec un revolver à la main et il m'a collé un pruneau dans l'épaule. Là-dessus, j'ai foutu le camp, mais j'ai repris la bagnole pour rentrer chez moi. Et à quatre heures du soir, ils sont venus me cueillir derrière chez moi, au bord du fleuve -
le shérif et quatre flics-
- Et tu étais là à les attendre?
- Oui, mon vieux. Vois-tu j'en avais marre de cavaler! J'étais derrière le fumoir de la tannerie, avec Tom et Bill, mes deux gosses.
- Et l'argent, Bill? Qu'esce que t'en as fait, de ces dix mille dollars? Ecoute, t'en auras pas besoin là où tu vas! Que ce soit au ciel ou en enfer, tu pourras rien en faire là-bas. Alors, dis-moi où ils sont, mon gars..>>

Ben ne répond pas. Le Prêcheur s'éloigne et reste planté devant la fenêtre de la cellule, ses longues mains décharnées nouées derrière son dos. Ben les regarda en frémissant.
"Qui est le Prêcheur? se demanda-t-il. Qui est-il pour s'être fait tatouer ainsi?"
Car, sur chacun des doigts de la main droite, une lettre est tatouée, en bleu sur le gris sinistre de sa peau: AMOUR. Et sur ceux de la main gauche, on voit les lettres HAINE.
"Qui est-il, se demande Ben, et pourquoi l'appelle-t-on Prêcheur?"
Car il n'est pas un véritable homme de Dieu -il a étudié les Ecritures certes, mais en amateur, et c'est une caricature de prêcheur en marge de l'Eglise, un prédicateur ambulant qui débite ses sermons comme des montres à un dollar- Ben s'interroge longuement et songe au couteau que le Prêcheur garde caché sous la vieille couverture tachée de sa paillasse. Un couteau à cran d'arrêt, à la lame rapide comme la foudre. Mais Ben sait qu'il n'a rien à en craindre, car le Prêcheur veut savoir où est l'argent et ce n'est pas en jouant du couteau qu'il le saura. Le Prêcheur est revenu devant la couchette de Ben.
<< -Mets ton âme en règle, Kaulitz! C'est l'argent du sang et il porte la malédiction de Satan! Il n'y a qu'un moyen de la purifier, c'est de le confier à des hommes pieux pour accomplir l'oeuvre de Dieu.
- Des types comme toi?
- Je sers le Seigneur à mon humble manière.
- Dans ce cas, pourquoi es-tu boulcé en prison? Et pourquoi as-tu ce couteau?
- Parce que je ne suis pas sur terre pour apporter la paix mais le glaive! Ce couteau, je l'ai passé sous le nez des gardiens. Il m'a aidé à triompher de bien des périls, Kaulitz!
- Je te crois sans peine,
dit Ben avec un sourire.>>
Le Prêcheur grimpe sur sa couchette et s'étend en marmonnant entre ses dents, combinant de nouveaux moyens de forcer Ben à lui dire où il a caché les dix milles dollars. Pour Ben, c'est un jeu. Dans trois jours, le bourreau viendra le chercher, et il faut inventer des jeux comme celui-là pour ne pas perdre la raison au dernier moment. Entre eux deux, c'est un duel de tous les instants -heure après heure, jour après jour- Et Ben sait qu'il l'emportera. Car le Prêcheur aura beau parler à s'en user la langue, il ne soufflera pas un mot à âme qui vive. Mais le Prêcheur s'acharne, butté, infatigable, dans le silence frissonnant de la nuit de la prison.
<< -Ecoute, Ben! Tu pourras rien en faire là où tu vas, je te dis! Allons, mon gars, achète ton entrée au paradis. Tu m'entends, mon gars? Un bon mouvement, dis-moi où il est!
- Fous-moi la paix, Prêcheur!
- Regarde ma main, Ben. Tu vois les lettres qui sont tatouées dessus? L'Amour, Ben, l'Amour! Voilà ce qu'elles disent. Cette main-là, la droite, c'est la main de l'Amour. Mais attention, regarde bien! la lune est assez claire. regarde ma main gauche. C'est le Haine, Ben, la Haine! Et tu sais ce que ça veut dire, mon gars? Ces deux mains, c'est l'âme de l'homme mortel! C'est l'Amour et la Hiane qui luttent l'un contre l'autre jusqu'à la fin des temps.>>
Ben écoute son boniment. Il éprouve un étrange pliasir à regarder le Prêcheur qui pétrit et torture ses doigts tatoués. Avec un horrible craquement de phalanges, les mains se mêlent et s'aggripent et luttent farouchement. Soudain, dans un fracas de fin du monde, le Prêcheur cogne ses deux mains entrelacées sur le banc de bois. Puis c'est un grand silence et le Prêcheur reste tapi dans l'ombre, près de la couchette de Ben, guettant l'effet de sa démonstration.
<< -Je pourrais élever un temple, dit-il d'une voix geignarde. Pense donc, Ben, cet argent maudit et souillé peut construire un temple! Des milliers de pêcheurs sauvés parce que t'auras fait don de cet argent. Ecoute-moi , mon gars..>>
Ben se soulève sur son coude. Le jeu ne l'amuse plus.
<< -Ta gueule, Prêcheur! Va te coucher ou je vais t'enfoncer ta paillasse dans le gosier!>>
De nouveau le silence. Le Prêcheur est allongé sur la couchette du haut, les mains coirsés derrière sa tignasse rousse, cherchant le moyen de faire parler Ben Kaulitz. Dans trois jours, le bourreau viendra et il sera trop tard. Sur la couchette du bas, Ben tremble et se mord les doigts jusqu'au sang. Il se débat avec désespoir entre les griffres du cauchemar que la nuit engendre dans son esprit. Une fois encore, il revoit cet aprè-midi d'il y a quelques moi. Il est derrière la maison, sur la petite route du village de Cresap, et il regarde les visages ronds et étonnés de ses deux enfants: Bill silencieux et pétrifié comme un angelot de cimetière, serrant son Power-Raners, et Tom qui écoute, les yeux écarquillés de surprise.
<< -Où tu vas, p'pa?
- Loin, Tom, très loin.
- Tu saignes, p'pa!
- C'est rien, mon gars. Une égratignure à l'épaule.
- Mais il y a du sang!
- Suffit, Tom! Rappelle-toi ce que je t'ai dit. Et toi aussi, Bill, toi aussi! N'oublie pas. Vous m'avez promis!>>
Déjà, Bill aperçoit la voiture qui débouche sur la route derrière le verger. Dedans, il voit les hommes en uniforme bleu, revolver au poing. Tom les regarde aussi, bouche bée, les lèvres tremblantes, mais il se ressaisit et serre les dents.
<< -Attention à ce que je t'ai dit, tom. Et prends bien soin de Bill. Protège-le sur ta vie.
- Oui, p'pa.
- Qui c'est, ces hommes?
demande Bill.
- Ne t'inquiète pas. Je vais m'en aller avec eux. Ne vous occupez pas de ça. Rappelez-vous ce que je vous ai dit. Souviens-toi, Tom, tu as juré! Promets-moi encore, promets!
- Je te promets, p'pa, je te promets.>>
Sur sa couchette, Ben revoit la scène et la sueur perle à son front. Il n'ose bouger, de crainte que le Prêcheur comprenne qu'il ne dort pas et que la peur lui a fait perdre toute prudence, et qu'il imagine que le moment est venu de lui arracher son secret. Ben referme les yeux et songe à la journée écoulée.
Le matin, on a autorisé Willa à venir le voir. En la regardant à travers le grillage, il avait envie de lui dire des choses qu'il a oubliées depuis des années et des années. Tout a commencé au printemps 1988, quand ils s'étaient sauvés à Elkton pour se marier en cachette. A l'époque, il rêvait de la vie qu'ils mèneraient tous deux dans la petite maison sur la route du fleuve, à la sortie de Cresap -et de l'augmentation qu'il demanderait à la quincaillerie, et du piano mécanique qu'il achèterait à Willa-
"C'est drôle, pense-til, tout a toujours été une question d'argent."
Du début à la fin. Et même ce matin, à la prison, Willa ne pensait qu'à ça, aux dix milles dollars qu'il a cachés. Elle ne cessait de répéter qu'il n'en a plus besoin, qu'il n'a pas le droit de la laisser sans un sou avec les deux mioches sur les bras. Mais il n'a rien dit. Et pourtant, ça lui faisait mal au coeur de la voir ressasser les mêmes questions à travers le grillage. A la fin, elle avait le même visage que le Prêcheur: veule, malade d'anvie et de cupidité -cette même cupidité qui l'a conduit lui-même au meutre et à l'échafaud-
L'après-midi, son avocat, MacGlumphey, est venu le voir lui aussi. Avant le procès déjà, MacGlumphey lui disait qu'il s'en tirerait plus facilement s'il révélait la cachette des dix milles dollars, et c'est à ce moment-là que Ben a résolu de ne rien dire. Il ne faut pas être bien malin pour deviner que ce n'est pas la justice qui les intéresse, mais l'argent. Le Mal et l'Envie -c'est cela qui l'a mené en prison, et c'est pour cela qu'ils veulent le pendre- Et c'est cela aussi qui se reflétait ce matin sur le visage de Willa, cajoleur et implorant à travers le grillage, et sur celui de macGlumphey, menaçant et raisonneur, et dans la voix du prêcheur chuchotant dans la nuit de la cellule.
<< -Où est-il, Ben? Où ça, Ben, où?>>
Arraché à son rêve, il rouvre les yeux. Le croissant de lune a disparu. Sur le carré d'ombre bleutée que découpe la fenêtre, la tignasse rouquine du Prêcheur se détache soudain, tout près de lui. Lentement, comme un ressort d'acier que l'on tend, Ben bande ses muscles et détend le poing de toutes ses forces, écrasant la bouche frémissante du Prêcheur.
<< -Ben, t'aurais pas dû me frapper! Je suis un homme de Dieu!
-T'es un beau salaud, oui, pour venir me caqueter à l'oreille pendant que je dors! Tu espérait peut-être me faire parler en dormant? Tu peux courir, prêcheur!
-Je suis l'envoyé du Seigneur, je te dis!
-T'es un cagot et un faux jeton! Allez, file à ta paillasse, sinon je t'écrase la tête contre le mur! Pendu pour pendu, je peux aussi bien en bousiller trois que deux!>>
Crispé sur sa couchette, Ben entend le prêcheur qui se pelotonne peureusement sur sa paillasse bruissante et se tamponne le nez avec des soupirs plaintifs.
Au matin, réveillé par le mugissement de la sirène que l'écho renvoie d'un mur à l'autre, Ben aperçoit le prêcheur à l'autre bout de la cellule, le nez enflé et couvert de sang séché, et il ne peut s'empêcher de rire. Le Prêcheur n'abandonnera jamais-déjà, ses yeux brillent, il est de nouveau à l'affût et la question se reforme sur ses lèvres minces-
"Il a de la suite dans les idées, pense ben, faut lui laisser ça."
<< -Ben?
-Quoi encore, Prêcheur?
-Je sortirai d'ici un mois, a ce moment-là, tu seras mort et enterré, Ben. Faut que tu te mettes en paix avec Dieu. Et ce serait plus facile si tu me disais tout, mon gars. Vois-tu, avec ces dix mille dollars je pourrais construire un temple, le plus beau du pays -à coté, tous les autres auraient l'air de vulgaires cages à poules- On le nommerait d'après toi: temple Ben Kaulitz! Qu'esce que tu dis de ça?
-Cause toujours, Prêcheur!
-Le Seigneur te regardarait d'un autre oeil, Ben. Il se dirait "Bah! Ce n'est qu'un petit crime de rien du tout.."
-Tu donnerais des bonbons aux gosses, Prêcheurs? Tu donnerais à manger aux pauvres qui ont le ventre vide à cause de cette foutue crise?
-Bein sûr, mon gars. ce serait ton temple, et on n'oublierait pas ces pauvres âmes sans feu ni lieu.
-Cause toujours, prêcheur,
dit Ben en ricanant. Cause toujours, vieux!>>

[.. à suivre ..]

# Posté le mercredi 30 août 2006 06:45

Modifié le mercredi 30 août 2006 17:57

Le Pendu..! partie3 (sur7)

Le Pendu..! partie3 (sur7)
[.. Le Pendu ..] partie3..

Et l'autre avait ses rêves, lui aussi. La nuit, quand il ne rélféchissait pas à de nouveaux moyens de faire parler Ben, il pensait aux femmes qui avaient traversé sa vie. Combien y en avait-il eu? Il n'arrivait pas à s'en souvenir. Parfois c'était douze, parfois six seulement, et puis elles se sonfondaient pour n'en former qu'une -un seul visage qui le torturait dans ses rêves- et ce n'était que lorsque le Prêcheur empoignait sous la paillasse la manche de corne de son couteau que l'apparition se dissipait dans la nuit. Il n'avait pas la mémoire des événements, des lieux et des dates, mais des lambeaux de souvenirs resurgissaient soudain avec une atroce netteté: un événement, un nom oublié, un visage mort.
Le Seigneur seul mettait les gens sur son chemin, lui dictait chacun de ses actes. Et c'était toujours une veuve que le Seigneur lui envoyait. Une veuve avec un pécule caché dans le sucrier du buffet de la salle à manger, et parfois un petit compte à la banque du payx. Et quand c'était fini, quand tout était consommé dans quelque petit bois paisible et verdoyant, pas une seule gouttelette de sang ne ternissait les feuilles des arbres, et le glaive du Seigneur était de nouveau net et immaculé -prêt à servir-
Durant les années heureuses d'avant la grande crise de 1990, il avait erré le long du fleuve, parmi les hameaux et les petits centres agricoles de l'Ohio, du Kentucky et de l'Indiana, accomplissant son oeuvre sans bruit ni obstination. Et c'était peut-être son insouciance du risque qui l'avait préservé des soupçons de la police, jusqu'au jour où on l'avait pris en flagrant délit de vol de voiture à Parkesbourg et envoyé en prison. Parfois, il découvrait ses veuves dans la rubrique des coeurs solitaires des magazines sentimentaux. Toujours des veuves, minaudières et boulottes, les paupières papillotantes et le coeur facile, qui lui pressaient tendrement les mains de leurs doigts gauches et boudinés. peu après, il dénichait le magot.. et il pouvait se remettre en route pour porter la Bonne paroles à travers ce monde d'aveugles et de courtisanes.
Il parcourait le pays, prêchant de village en village. Il se nommait Harry Powell mais on le connaissait sous le sobriquet de Prêcheur; bien souvent c'était ainsi qu'il signait les registres des hôtels miteux où il se réfugiait. Tapi sur le petit lit de cuivre de sa chambre à un dollar, sous la flamme crachotante de la lampe à gaz, il comptait et recomptait ses ressources et s'interrogeait longuement:
"Que faut-il faire maintenant? Repartir pour prêcher le monde? Ou un chercher une autre? Que dois-je faire, mon Dieu? Une autre veuve? Ordonne, Seigneur, et je t'obéirai."
La nuit, tous ces villages l'assaillaient et le tourmentaient, et il était accablé, non par le remords mais par l'imprécision de ses calculs et de ses souvenirs. Etaient-elles douze? Ou bien six? Et ce visage hagard et osseux qu'il voyait en reve, était-ce celui d'India Coverly, la veuve de Steubenville, ou celui de l'autre -sa vieille soeur à demi gâteuse, qu'il avait dû supprimer aussi parce qu'elle l'avait u enterrer India sous les pêchers derrières la grange- les visages se confondaient comme les années, comme ces longs trajets de nuit le long du fleuve,dans les trains cahotants et mal éclairés.
"Ne pourrais-je donc jamais m'arrêter, Seigneur? Ma tâche ne sera-t-elle jamais terminée?"
Et il recommençait à étudier les rubriques des coeurs solitaires, à scruter les visages rentrés aux kermesses paroissiales, et quand se présentait celui qu'il cherchait, il le reconnaissait aussitôt. Mais il avait été pincé pour cette affaire de vol de voiture et condamné à un an de prison -le Seigneur savait bien ce qu'il faisait- Et il l'avait envoyé dans cette cellule de la prison de Moundsville parce qu'un certain Ben Kaulitz allait mourir, laissant une veuve et dix mille dollars cachés quelque part.
Le jour où ils vinrent chercher Ben kaulitz, le Prêcheur se précipita en hurlant derrière lui, secouant convulsivement les barreaux de la cellule de ses doigts exsangues.
<< -Ben! Ecoute! cria-t-il. Ben, il n'est pas trop tard! Où est-il, mon gars? Où, Ben, Où?>>
Mais Ben ne répondit pas. Pour lui, le jeu était fini.

[.. à suivre ..]

# Posté le mercredi 30 août 2006 07:23

Modifié le mercredi 30 août 2006 18:01

Le Pendu..! partie4 (sur7)

Le Pendu..! partie4 (sur7)
[.. Le Pendu ..] partie4..

Trois semaines après l'éxécution de Ben Kaulitz, le patron de la pâtisserie de Cresap, Walt Spoon, engagea Willa comme serveuse, pour cinq dollars par semaine et les repas. Les Spoon n'avaient pas besoin d'elle mais ils voulaient lui venir en aide. Le premier jour, les enfants se postèrent à la fenêtre pour regarder leur mère s'éloigner sur la route menant au village.
<< -Va chercher ton manteau et ton bonnet, Bill, dit Tom. On va sortir.>>
Bill se laissa patiemment boutonner son vieux manteau brun et râpé. Puis Tom cacha ses boucles brunes sous son petit bonnet de lutin. Il pressa son Power-Rangers contre lui, reniflant machinalement -un vieux rhume qui n'en finissait pas- et il prit son mouchoir pour lui essuyer le nez.
<< -Allons-y, t'auras pas froid.>>
Il ouvrit la porte de la cuisine et frisonna sous la rafale de vent, un vent aigre de mars, tout imprégné du froid givré du fleuve. Ils partirent en clopinant sur la route longeant la berge. Ils marchaient en silence, comme accablés à l'idée de cette longue matinée sans but. En arrivant au village, ils s'arrêtèrent devant la vitrine du magazin d'occasions de la mère Cunningham. Tom la contemplait silencieusement. Qui aurait pu parler devant cette vitrine? Les mots semblaient soudain vides de sens -car il n'existait pas au monde de mots capables d'exprimer un tel émerveillement-
<< -Quesce que tu regardes, Tom?>>
Mais Bill n'aurait pas compris, même s'il avait tenté de lui expliquer. Sans répondre, il continua de regarder l'étagère poussièreuse où tronait une montre de gousset, une grosse montre d'argent qui étincelait entre les boutons d'uniforme et les colifichets, les épingles de cravate en toc, les médailles, les rubans et les insignes millitaires. Subitement, les manteaux et vestons râpés pendant derrière la vitrine comme une toile de fond s'agitèrent et s'écartèrent devant le visage aide et fané d'une vieille femme. Elle dévisagea les enfants à travers ses lunettes à la monture tordue. On eût dit une vieille pintade ronchonneuse. Elle agita la main avec un sourire terrifiant et disparut pour courir à la porte qui s'ouvrit avec un tintement aigrelet, comme un cri d'oiseau blessé.
<< -Ah! Les petits Kaulitz, dit-elle. Mes pauvres agneaux!>>
Tom ne répondit pas. Bill, ravi, se caressa timidement les lèvres du bout des doigts.
<< -Et comment va votre pauvre maman?
-Elle est chez m'sieu Spoon,
dit Tom d'un ton froid.>>
Son regard erra de nouveau vers la monture en argent. "Pendi, pendu, pendant!"
Le refrain sonnait dans sa tête, comme pour faire écho au grelot acide de la porte. Il leva les yeux vers la vieille brocanteuse. Elle était vraiment formidable, cette grosse bonne femme! En fin de compte, elle mettait le grappin sur tous les trésors du monde. Il n'y avait qu'à voir sa vitrine! Tiens, à côté de ces vieux souliers, on voyait les patins à glace de Jamey Hankins. Et ici, une dent d'élan, le porte-bonheur du vieux Walt Spoon. Il y avait même, au fond, l'alliance de sa mère. L'univers tout entier aboutissait dans la vitrine de la mère Cunningham.
<< -Quesce que vous diriez d'une bonne tasse de café chaud, mes petis agneaux? demanda-t-elle en tripotant ses lunettes. Hein, ça vous ferait plaisir?
-M'est égal,
répondit Tom gravement.>>
La cuisine de la mère Cunningham, plus encore que sa vitrine, ressemblait au nid d'un corbeau pillard: de vieilles hardes accrochées aux conduites d'eau et aux poignées des portes du fourneau; de vieilles chaussures entassées dans les cartons derrière la porte, de vieux chapeaux dans des paniers d'osier sous la fenêtre. Les yeux écarquillés, Tom et Bill s'assirent devant la vielle table encombrée de bric-a-brac. La mère Cunningham prit sur le fourneau une cafetière ventrue et remplit leurs tasses à mi-bord.
<< -Et voilà, dit-elle avec satisfaction, s'installant pour savourer un doigt de vin de pissenlit et un brin de commérage. Dites-moi comment va votre petite maman, avec tous ses malheurs -le départ de votre pauvre papa et tout le reste!- le Seigneur vous ait en sauvegarde!>>
A cette sortie, son visage se plissa; elle fit une grimace pathétique, et quelques larmes s'échappèrent de ses yeux clignotants, dégoulinant sur ses joues flasques et trop poudrées.
<< -C'est rien, mes chéris, ça va mieux maintenant. C'est fini! Mais ça m'arrache le coeur de vous voir, mes pauvres petits agneaux orphelins! Et votre maman veuve à trente ans, jolie comme elle est! J'ai bien connu votre papa, mes mignons, tout comme s'il avait été le mien.>>
Elle égrena ses souvenirs d'une voix tremblotante et chagrine. Mais Tom ne l'écoutait pas. Il ne songeait qu'à la montre de la vitrine. Brusquement, le caquètement de la vieille femme perça à travers son rêve comme le bec d'un poussin crevant sa coquille.
<< -On n'a donc jamais su ce que Ben kaulitz a fait de l'argent volé? demanda-t-elle.>>
Ses traits étaient plissés en une grimace de ruse. Elle se tut un instant pour réfléchir, et l'effort la fit loucher, comme lorsqu'elle marchandait une broche de métal doré ou un bracelet de corail.
<< -Ce pauvre Ben! C'est qu'il a pris un joli magot dans la caisse du vieux Corey South! Et pensez que quand ils l'ont arrêté, ils n'ont pas pu trouver un sou. Ca te paraît pas bizarre?>>
Avec un soupir, Tom se leva et saisit la main de Bill.
<< -Faut qu'on s'en aille, dit-il.
-Hein? Qu'esce que tu dis? Vous n'avez même pas touché à votre café!>>

Tom serra dans ses doigts la petite main potelée de Bill et ils repartirent à travers la forêt de manteaux froufroutants, de robes grises et vides, de guenilles sentant le renfermé. Tout au fond, on voyait la porte qui brillait dans la pénombre poussiéreuse, et la lumière hivernale de la rue. Derrière lui, Tom entendait la vieille femme qui soufflait et reniflait en les suivant à travers le dédale de vêtements.
<< -Seigneur! s'exclama-t-elle. Pour un gamin qui n'a jamais entendu parler de cet argent, tu sais te défiler quand on t'en parle!>>
Il serrait si fort la main de Bill qu'il eut un gémissement de douleur et se dégagea pour courir devant lui. Sur le seuil, les doigts gras et ridés de la vieille agrippèrent les épaules tremblantes de Tom et le forcèrent à se retourner.
<< -Tu veux pas me le dire? croassa-t-elle, d'une voix d'où toute onction avait disparu. A moi toute seule! Personne ne le saurait que nous trois. Allons, mon agneau, où est caché l'argent? Ton papa te l'a dit? Ta maman le sait? Hein, mon garçon? Sais-tu où il est caché?
-Non!
cria Tom en se contorsionnant pour se libérer.>>
La sonnette de la porte lança son cri éraillé et les enfants se précipitèrent dans la rue. Le visage de la vieille loucha de nouveau entre les hardes de la vitrine.
<< -Elle est méchante, dit Bill. Je l'aime pas, la mère Cunningham!>>
Tom le prit par la main et l'entraîna vivement sur la route du fleuve, vers la paix et la sécurité de la maison. La neige tombait et le vent gémissait plaintivement à travers les arbres raides et gelés qui bordaient le fleuve -tel l'appel déchirant d'un cor de chasse-

[.. à suivre ..]

# Posté le mercredi 30 août 2006 08:08

Modifié le mercredi 30 août 2006 18:07